Des archives de la Préfecture de Police présentées au public PDF Imprimer Envoyer

Charles Trémil et son épouse, Marilou, donnent beaucoup de leur temps et de leurs compétences de photographes aux cérémonies organisées par les différentes associations de mémoire, en particulier les Fils et Filles des Déportés Juifs de France. Ils sont également actifs dans l’Association Histoire et Mémoire du 3ème arrondisse-ment de Paris, dont Charles est le Président.

A ce titre, et tout à fait exceptionnellement, Charles a pu avoir accès aux archives conservées par la Préfecture de Police de Paris, ce qui lui a permis d’organiser une exposition dans les salons de la Mairie du 3ème arrondissement de Paris du 16 juillet au 30 septembre 2012, en partenariat avec le Maire, Pierre Aidenbaum et le Préfet de Police, Bernard Boucault.

Très peu de ces archives subsistent, leur plus grande majorité ayant été détruite en 1947. Celles qui ont été exposées et qui, théoriquement, ne devraient plus exister, concernent les persécutions dans le 3ème arrondissement. Elles ont réservé des surprises et bien des émotions à certains visiteurs :

“Après l’inauguration, le 18 juillet, je reviens pour visiter l’exposition. Je déchiffre les documents qui me laissent confondue devant ce zèle organisé, jusqu’à arriver à une vitrine où est exposé, entre autres, le registre des entrées à Drancy.

Je lis, et je découvre, soigneusement calligraphié en écriture anglaise, les noms de mes grands-parents paternels, Raphaël et Anna Mazalto et leur fils Albert, mon oncle. Je reste abasourdie, assommée, inerte devant la vitrine, incapable d’un mouvement, fascinée par ces lignes d’écriture appliquée, avec les majuscules, les pleins et les déliés, qui disaient leurs noms. Au bout d’un temps, je peux lire qu’ils sont entrés à Drancy le 30 avril 1943 à 14 h 30, enregistrés à 15 h, et la PJ a été l’autorité qui a donné ces ordres d’entrée… Mon grand-père Raphaël a déposé un “acompte” de 1 700 francs, il a enregistré une fiche posée sur le registre, et je peux, pour la première fois, voir son écriture maladroite et lire sa signature.

Ils habitaient au 43 rue des Gravilliers où ma grand-mère était concierge.

Après un échange de paroles réconfortantes et apaisantes avec Marilou et Charles Trémil, je peux partir. Je suis dans un état second quand je quitte l’exposition, avec l’étrange impression de m’être rapprochée d’eux, d’être presque avec eux.

Plus tard, Charles retrouvera dans le Registre de Recensement des Juifs, à la date du 12 octobre 1940, Moïse et Clara Ménaché, mes grands-parents maternels, qui habitaient au 193 rue du Temple.

Charles, y aura-t-il d’autres renseignements encore ?

Claire Romi-Mazalto”

Ont échappé aussi au pilonnage les 9 pages de la circulaire n° 173 du 13 juillet 1942 qui décrit la minutieuse organisation de la rafle du Vel d’Hiv’.

Les archives de la Préfecture sont accessibles aux historiens et aux chercheurs. C’est la première fois qu’elles ont été exposées au grand public. Inutile de dire qu’elles ont reçu un nombre énorme de visiteurs. Qui ne cherche pas à savoir? Le jour de notre visite, des membres de la famille d’Hélène Beer étaient, comme nous, venus scruter tous ces documents avec toujours l’espoir d’en savoir plus. Le Livre d’Or de l’exposition est, sur ce plan, révélateur et terriblement émouvant.

Mise à jour le Dimanche, 02 Décembre 2012 17:59