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Mise à jour le Dimanche, 24 Janvier 2016 19:42
 
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Mise à jour le Lundi, 21 Septembre 2015 11:46
 
Recueillement au cimetière du Père-Lachaise (10 septembre 2013) PDF Imprimer Envoyer

Beaucoup d'amis sont venus à cette cérémonie qui nous est devenue traditionnelle, entre Yom Kipour et Roch Hachana, en présence de M. Pascal Joseph, chargé des activités de mémoire à la Mairie du 20ème, de notre amie la députée Danièle Hoffman-Rispal, également membre de notre Association en souvenir de son oncle Jacob Henrykowski, de Mme Martine Lécuyer, Conservatrice du cimetière, et avec la participation du Rabbin Claude Lemmel. Notre Présidente d'Honneur, Simone Veil, nous avait fait parvenir un mot pour nous demander d'excuser son absence.

Louise Cohen, qui, avec plusieurs membres de l'Association, avait participé le 8 septembre au Mémorial de la Shoah à la cérémonie en mémoire des victimes de la Shoah morts sans sépulture, ce qui est le cas de nos hommes du Convoi 73, nous a rapporté une partie du discours prononcé ce jour-là par M. Raphaël Esrail, Président de l'Union des Déportés d'Auschwitz.

Il s'est exprimé avec beaucoup d'émotion, en tant que rescapé des camps et des marches de la mort et nous a dit combien, avec ses camarades survivants, ils avaient eu du mal, à leur retour, à parler de ce qu'ils avaient vécu alors que nous n'étions pas vraiment disposés à les entendre. C'était tellement impossible de croire ce qu'ils racontaient.

Mais ils ont persévéré, nous a dit Raphaël, parce qu'ils voulaient surtout que l'on entende la parole de tous leurs camarades morts au loin et dans la souffrance. Il a souligné l'importance des survivants dans l'histoire de la Shoah. Ils sont à l'origine de nos associations de mémoire, sans eux nous n'existerions pas. Il a dit qu'une partie d'eux-mêmes était restée avec les morts et qu'il leur est impossible d'oublier tous ceux qu'ils ont vu mourir.

Et voici son message : ce deuil, c'est ce que les survivants nous laissent en héritage à travers les générations. Lorsque l'un d'eux s'exprime, il est le porte-parole de ses frères qui se disaient entre eux : si tu rentres, il faudra que tu parles pour dire ce que des hommes ont été capables de faire à d'autres hommes, comment l'obsession de la race, la haine de leurs semblables ont été plus fortes que l'amour du prochain qui est pourtant une des constituantes de la nature humaine.

Après notre cérémonie au cimetière, nous nous sommes retrouvés dans le salon d'honneur de la Mairie du 20ème, toute proche, pour une pause réconfortante et un moment d'échanges et de retrouvailles apprécié de tous.

Le Rabbin Claude Lemmel avec Louise Cohen à droite

Danièle Hoffman-Rispal et Pascal Joseph devant la Stèle du Convoi 73 au Père-Lachaise

Mise à jour le Jeudi, 02 Janvier 2014 22:48
 
8 octobre 1942, la rafle d’Angoulême PDF Imprimer Envoyer

La rafle du Vel’d’Hiv est restée dans les esprits, elle est commémorée par le pays tout entier à cause de sa brutalité et du nombre de ses victimes. Elle a été au départ de beaucoup d’autres rafles qui ont laissé des traces dans les villes où elles se sont produites.

La rafle d’Angoulême, le 8 octobre 1942 est de celles-ci. Quelques mois avant, en juin, les autorités françaises avaient établi la liste de tous les Juifs de Charente et avait promulgué, pour eux, l’obligation de porter l’étoile jaune.

Dès la nuit du 8 octobre et les jours suivants, les gendarmes et les policiers du département ont arrêté les Juifs partout où ils se trouvaient, dans les moindres villages de la région. 442 se retrouvèrent parqués dans la Salle Philharmonique d’Angoulême, bien évidemment pas prévue pour cela. 442 personnes de tous âges entassées dans des conditions épouvantables durant plusieurs jours. Il en sera libéré 55, celles et ceux qui étaient de nationalité française, et le 15 octobre, 387 malheureux sont transférés à Drancy pour être envoyés à Auschwitz par les convois 40 et 42, des 4 et 6 novembre 1942. Seulement 7 d’entre eux ont survécu, on peut dire par miracle.

Parmi les 55 de nationalité française,  se trouvait Henri Zajdenwergier, âgé alors de 14 ans. Il doit la vie, à ce moment-là, au réflexe de son père qui l’a poussé en avant en criant :“Il est Français !”, et aux justes qui l’ont recueilli ensuite(*).

Il était présent, le lundi 8 octobre 2012, à Angoulême. Ce jour-là voyait le résultat du travail acharné de l’Association des Juifs de Charente, présidée par Gérard Benguigui : une stèle portant le nom des 387 victimes juives charentaises, prises dans la rafle du 8 octobre 1942.

Grande cérémonie pour des centaines de personnes qui, malgré la pluie incessante se sont réunies devant l’ancienne Salle Philharmonique, celle même où ont été parqués les malheureux (devenue, depuis, le Conservatoire d’Angoulême). Robert Frank, autre survivant, est également là, ainsi que Françoise Steinberg, qui représente quatre membres de sa famille, les Bender, exterminés à Auschwitz.

Serge Klarsfeld est aux côtés du maire d’Angoulême,  Philippe Lavaud.

Les interventions, les témoignages se succèdent, les noms des 387 victimes non revenues, gravés dans la pierre, sont cités avec beaucoup d’émotion. Emotion que prolonge l’orchestre du Conservatoire d’Angoulême lorsqu’il interprète la chanson du film La Liste de Schindler, “Yerushalaim shel zahav”. Un long silence s’est établi, seule réaction possible après ces instants inoubliables.

Sur la stèle, sous la liste des déportés, une autre liste est gravée, celle de 23 Justes d’Angoulême qui ont été honorés par Yad Vashem.

 

Gérard Benguigui :

“Il aura fallu 70 ans pour que vos noms sortent enfin  du néant, 70 ans c’est le temps d’une vie.”

 

(*) Henri n’échappera pas à la déportation : en  mai 1944, il part avec le Convoi 73 dont il est, à ce jour le seul survivant.

Mise à jour le Jeudi, 06 Décembre 2012 16:35
 
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