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Le voyage de la mémoire 2012 PDF Imprimer Envoyer

Chacun de nos voyages a sa particularité, soit qu’elle provienne des participants suivant leur origine géographique, leur âge, leur façon d’intégrer le groupe, ou qu’un événement spécifique soit prévu au programme.

Le groupe de 2012 se compose de 15 personnes. Très peu se connaissent. Plusieurs ont déjà fait une ou deux fois ce voyage. La moitié sont des Parisiens et nous avons des amis lointains : Roland et Ilana Gridiger, de Sidney en Australie, Marion et Gérard Rivollier, du Luxembourg. Et ceux de province : Annette et Jacques Klopstein, avec leur fille Jane (ils étaient venus précédemment avec leur première fille, Marie-Laure). Autre couple, Gisèle et Marc Nadler qui ont très longtemps hésité avant d’affronter le stress d’un voyage de mémoire aussi personnel. Restent les solitaires, Claire, Sarah, André, Olivier, Louise, parmi lesquels Pierre-François Veil. Il représente sa mère, Simone Veil, et veut participer à l’inauguration de la borne interactive concernant les adolescents du convoi 73 dans laquelle est programmée la biographie de son oncle, Jean Jacob. Il est là aussi pour son grand-père, André Jacob, à qui il veut rendre hommage.

Le miracle du groupe motivé a joué, comme toujours. Nous effectuons la même démarche, personnelle, douloureuse, nous voulons nous sentir proches de nos parents en foulant le sol sur lequel ils ont posé leurs derniers pas, en signifiant auprès des populations visitées que nos déportés existaient pour leur famille, pour leur pays et qu’ils ne sont pas oubliés. Toutes ces raisons nous lient et font que le voyage a très vite un caractère fraternel.

Quant au programme, il est particulier, aussi bien en Lituanie qu’en Estonie. A Kaunas, nous sommes reçus amicalement par la Directrice du Musée du Fort 9 et par la communauté juive locale, sans oublier Madame Berniau, Ambassadeur de France à Vilnius. L’agence Taiga Eurobaltika a l’habitude d’organiser notre circuit, nous n’aurons aucun aléa tout au long du séjour, et Jurate est devenue notre guide attitrée, nous avons plaisir à la revoir.

A Kaunas, l’événement c’est l’inauguration de la borne interactive dans la Salle des Français. La Directrice est heureuse de nous montrer son installation. L’informaticien du Mémorial, Tomislav Zélic, a tout mis en place la veille de notre arrivée et l’inauguration peut se dérouler. La borne a un écran assez grand, nous faisons défiler les images et lisons les textes biographiques à haute voix. Marion Rivollier, qui est à l’origine et de l’idée et de la réalisation de cet équipement, lit la biographie de Freddy Abraham, son cousin, Pierre-François Veil lit la biographie de son oncle Jean Jacob.

La Directrice nous est reconnaissante de cet outil pédagogique qui sera sans doute très apprécié par les jeunes visiteurs du musée.

Nous nous attardons devant les graffitis que nous cherchons toujours à déchiffrer au-delà de ce qu’ils laissent apparaître. Et si nous n’avions pas tout remarqué ? Et que signifie ce trait, cette courbe, est-ce une lettre d’un nom que nous pourrions reconnaître ?

Il est temps de partir. Nous sommes dans la forêt de Pravieniskès, le coeur serré. C’est là, sans aucun doute, que le plus grand nombre de nos hommes a souffert et péri. Nous lisons les 878 noms, allumons des bougies, déposons des cailloux, faisons quelques pas au bord des marécages, marchons dans la forêt.

La réception, le soir, à l’ambassade de France, à Vilnius, est agréable et réconfortante.

Particulière aussi est la partie estonienne du voyage. Le jour même de notre arrivée, une grande cérémonie avait été organisée par l’ambassade de France devant la stèle érigée en 2010 près de la prison Patarei. Et comme en 2010, des notables de Tallinn, des diplomates étrangers, des représentants des différentes communautés religieuses, et beaucoup d’enfants des écoles et collèges. Discours, dépôts de gerbes, intervention du Rabbin et toujours, les cailloux du souvenir. La stèle est respectée, en bon état, entretenue par nos amis de la communauté, par Faïna et Aavi Dobrosh, qui veillent attentivement à ce que tout se passe bien, en relation avec le personnel de l’ambassade de France.

En soirée, une surprise nous attend. Le plus grand cinéma de la ville a été réservé pour la projection du film de Willy Le Devin et Maxime Meyer. La salle est pleine, le public semble touché par ce qu’il voit. Willy est venu de Paris pour l’occasion. Il répond aux questions de l’assistance, on n’a pas envie de quitter la salle, mais la soirée s’avance et nous repartons le lendemain pour Paris.

C’est notre dixième voyage dans les Etats baltes depuis le premier, en 1995. Nous avons pu observer beaucoup de changements dans les villes des deux pays que nous visitons. Nous sommes toujours très bien reçus et cette fois-ci, comme les précédentes, nos hôtes expriment le souhait de nous recevoir de nouveau. Un nouveau voyage est prévu pour le mois de Mai 2014.

Mise à jour le Jeudi, 03 Octobre 2013 20:10
 
Des archives de la Préfecture de Police présentées au public PDF Imprimer Envoyer

Charles Trémil et son épouse, Marilou, donnent beaucoup de leur temps et de leurs compétences de photographes aux cérémonies organisées par les différentes associations de mémoire, en particulier les Fils et Filles des Déportés Juifs de France. Ils sont également actifs dans l’Association Histoire et Mémoire du 3ème arrondisse-ment de Paris, dont Charles est le Président.

A ce titre, et tout à fait exceptionnellement, Charles a pu avoir accès aux archives conservées par la Préfecture de Police de Paris, ce qui lui a permis d’organiser une exposition dans les salons de la Mairie du 3ème arrondissement de Paris du 16 juillet au 30 septembre 2012, en partenariat avec le Maire, Pierre Aidenbaum et le Préfet de Police, Bernard Boucault.

Très peu de ces archives subsistent, leur plus grande majorité ayant été détruite en 1947. Celles qui ont été exposées et qui, théoriquement, ne devraient plus exister, concernent les persécutions dans le 3ème arrondissement. Elles ont réservé des surprises et bien des émotions à certains visiteurs :

“Après l’inauguration, le 18 juillet, je reviens pour visiter l’exposition. Je déchiffre les documents qui me laissent confondue devant ce zèle organisé, jusqu’à arriver à une vitrine où est exposé, entre autres, le registre des entrées à Drancy.

Je lis, et je découvre, soigneusement calligraphié en écriture anglaise, les noms de mes grands-parents paternels, Raphaël et Anna Mazalto et leur fils Albert, mon oncle. Je reste abasourdie, assommée, inerte devant la vitrine, incapable d’un mouvement, fascinée par ces lignes d’écriture appliquée, avec les majuscules, les pleins et les déliés, qui disaient leurs noms. Au bout d’un temps, je peux lire qu’ils sont entrés à Drancy le 30 avril 1943 à 14 h 30, enregistrés à 15 h, et la PJ a été l’autorité qui a donné ces ordres d’entrée… Mon grand-père Raphaël a déposé un “acompte” de 1 700 francs, il a enregistré une fiche posée sur le registre, et je peux, pour la première fois, voir son écriture maladroite et lire sa signature.

Ils habitaient au 43 rue des Gravilliers où ma grand-mère était concierge.

Après un échange de paroles réconfortantes et apaisantes avec Marilou et Charles Trémil, je peux partir. Je suis dans un état second quand je quitte l’exposition, avec l’étrange impression de m’être rapprochée d’eux, d’être presque avec eux.

Plus tard, Charles retrouvera dans le Registre de Recensement des Juifs, à la date du 12 octobre 1940, Moïse et Clara Ménaché, mes grands-parents maternels, qui habitaient au 193 rue du Temple.

Charles, y aura-t-il d’autres renseignements encore ?

Claire Romi-Mazalto”

Ont échappé aussi au pilonnage les 9 pages de la circulaire n° 173 du 13 juillet 1942 qui décrit la minutieuse organisation de la rafle du Vel d’Hiv’.

Les archives de la Préfecture sont accessibles aux historiens et aux chercheurs. C’est la première fois qu’elles ont été exposées au grand public. Inutile de dire qu’elles ont reçu un nombre énorme de visiteurs. Qui ne cherche pas à savoir? Le jour de notre visite, des membres de la famille d’Hélène Beer étaient, comme nous, venus scruter tous ces documents avec toujours l’espoir d’en savoir plus. Le Livre d’Or de l’exposition est, sur ce plan, révélateur et terriblement émouvant.

Mise à jour le Dimanche, 02 Décembre 2012 17:59
 
Le nouveau musée de la Shoah à Drancy PDF Imprimer Envoyer

Il s’appelle officiellement Mémorial de la Shoah, Drancy. Il a été réalisé par le Mémorial de la Shoah de Paris à l’initiative et grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

C’est un important bâtiment en forme de cube, un cube de béton sans décoration extérieure si ce n’est que toute la façade donnant sur l’avenue Jean-Jaurès, est constituée de larges baies transparentes, et qu’au niveau du rez-de-chaussée, c’est un miroir qui reflète les mouvements de la rue, jusqu’à voir la Cité de la Muette sur le trottoir d’en face.

Dès l’entrée dans l’immeuble, on a une impression de large espace, de belle hauteur sous plafond et de luminosité, toutes les salles étant peintes en blanc. Nous y sommes un jour de semaine, en milieu de journée. Très peu de visiteurs, le musée est trop récent, pas encore assez connu du public. De ses 5 niveaux, nous en visiterons deux, la salle des archives, au 1er étage, et le musée proprement dit, au 3ème.

Le 2ème étage, salles pédagogiques, ne fonctionne pas encore, et le sous-sol est une grande salle de conférences, prévue pour des exposés, des débats et des projections sur écrans prêts à se déployer.

Le 3ème étage est une seule grande pièce ouverte sur l’extérieur par son immense baie vitrée. La vue est fascinante, elle plonge littéralement vers la Cité de la Muette ainsi vue de haut, avec au premier plan le monument de Shlomo Selinger, bien connu de nous puisque c’est devant ce monument que se déroulent nos cérémonies commémoratives. Puis le wagon-témoin, immobile sur ses rails, fermé, cadenassé, plombé comme aux jours sombres des départs, toutes issues calfeutrées.

De ce point de vue, on ne peut s’empêcher de penser aux familles qui tentaient d’apercevoir leurs déportés dans la cour du camp pour leur faire des signes, en louant une fenêtre de l’hôtel situé juste en face. C’est à côté de cet hôtel que se trouve maintenant l’immeuble du musée, il est à la place qu’il lui fallait, à partir de laquelle on regarde, on domine le camp de Drancy où vécurent dans la souffrance tant des nôtres avant de partir pour les camps de la mort.

L’espace musée est riche de documents, de photos, de cartes, de chiffres, d’histoire. Nous y sommes restés deux heures, et pourtant ce jour-là un incident électrique avait rendu inutilisables les vidéos et les projections sur les écrans. Les techniciens, sur place, nous expliquent que le musée n’est pas encore vraiment rôdé, pas terminé. Ils se donnent jusqu’à la fin de 2012 pour le peaufiner, pour équiper les étagères des volumes qu’elles vont recevoir, pour donner les modes d’emploi sur les équipements offerts aux visiteurs.

Puis nous sommes restés longtemps au 1er étage, cette salle occupée par une longue rangée de tables pourvues d’ordinateurs et de téléphones. Là, les hôtesses sont prêtes à donner des conseils et à consulter les archives familiales avec les visiteurs. Elles prennent le temps de s’intéresser aux familles et de les aider à trouver ce qu’elles cherchent, grâce à l’informatique que beaucoup ne pratiquent pas. Les sources dont elles disposent sont celles dont dispose aussi le Mémorial de Paris. On peut donc ici avoir un double objectif, voir le musée et se documenter sur les archives familiales et historiques.

Au Mémorial de la Shoah, Drancy, on apprend  beaucoup sur la Shoah, particulièrement sur le camp de Drancy, la vie quotidienne dans l’enfermement, les familles, les enfants et les notables qui y furent détenus pendant plus ou moins longtemps, l’horreur des arrivées et l’organisation des départs, les adieux lors de la dispersion des familles.

Des photos, des textes, des chiffres, des vidéos, tout ce qui fait que le Mémorial de la Shoah, Drancy va prendre place dans notre Histoire. Nous apprendrons à nous y rendre et à y passer du temps avec nos familles et nos amis.

 

LE MEMORIAL DE LA SHOAH, DRANCY
Fiche Technique

En plus de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la ville de Drancy et la Caisse des Dépôts ont accordé leur soutien au nouveau musée.

Il a été inauguré le vendredi 21 septembre 2012 par le Président de la République, François Hollande, par Eric de Rothschild, Président du Mémorial de la Shoah, et David de Rothschild, Président de la Fondation, en présence de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional d’Ile de France, de Stéphane Troussel, Président du Conseil général de la Seine Saint-Denis, de Jean-Christophe Lagarde, Député-Maire de Drancy, de Serge Klarsfeld, Président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, et de Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz.

Son adresse :  110-112 avenue Jean-Jaurès, 93700 DRANCY

01 42 77 44 72 – Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. -  www.memorialdelashoah.org -

Ouverture du dimanche au jeudi, de 10 h à 18 h (fermé vendredi et samedi)

Pour l’accueil des groupes et des scolaires :

01 53 01 18 01 – Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Tarif : entrée libre, sans réservation.

Mise à jour le Jeudi, 06 Décembre 2012 16:56
 
Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz, une gare entre Drancy et les camps de la mort PDF Imprimer Envoyer

Le 27 janvier, qui était la Journée Internationale en Mémoire des Victimes de la Shoah, a été inaugurée, sur le site de l’ancienne gare de Bobigny, l’exposition “Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz”. Cette exposition a été conçue à l’initiative de la ville de Bobigny avec le soutien actif de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et la SNCF.

L’inauguration, présidée par Catherine Peyge, Maire de Bobigny, et Guillaume Pepy, Président de la SNCF, a rassemblé de nombreuses personnalités et un important public. Plusieurs amis de notre Association avaient tenu à  y participer.

Cette exposition retrace l’histoire de la gare qui a vu partir en 1943 et 1944 vingt et un convois de déportés juifs, presque tous pour Auschwitz-Birkenau. 22 500 personnes dont  seulement 3 % survécurent.

L’exposition se visite sur demande adressée à la Mairie de Bobigny*. Un accompagna-teur commente le parcours au long duquel on découvre des documents d’archives, on lit des lettres de déportés. Des tableaux, des dates, la liste chronologique des convois sont affichés et font réfléchir. Bobigny, lieu de mémoire et de pédagogie

Nous n’avons à ce jour qu’une étape du projet de réhabilitation de l’immense site qui s’étend du bâtiment voyageurs jusqu’au point Zéro en passant devant la halle aux marchandises.

D’autres étapes sont en préparation qui feront du site un véritable lieu de mémoire et d’histoire de la déportation des Juifs de France. Elle se réaliseront au cours des années à venir, mais déjà, lorsque nous nous rendrons sur place pour nos commé-morations, nous en aurons un aperçu.

 

* Pour prendre date en vue d’une visite commentée : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou téléphoner au 01 41 60 78 10.

Mise à jour le Vendredi, 29 Juin 2012 16:40
 
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